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Questions et réponses

Qu’est-ce que le péché?

Mots: Doctrine, Année de la Foi
Avec le récit de la désobéissance de nos premiers parents, qui, poussés par le serpent, ont bravé la défense de ne pas manger du fruit de l’arbre interdit (Gn 3,1-13), la Sainte Écriture nous apprend que nos premiers parents se sont révoltés contre Dieu et succombé à la tentation d’être comme des dieux.


L’homme, tenté par le diable, a laissé mourir dans son cœur la confiance envers son créateur (cf. Gn 3, 1-11) et, en abusant de sa liberté, a désobéi au commandement de Dieu. C’est en cela qu’a consisté le premier péché de l’homme (cf. Rm 5, 19). Tout péché, par la suite, sera une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté.

Catéchisme de l’Église catholique, 397

Qu’est-ce que le péché ? Pourquoi le péché existe-t-il ? Qu’est-ce qu’une condamnation ? Quelles sont ses conséquences dans le monde ? Comment efface-t-on le péché ? Dieu aime-t-il toujours l’homme malgré le péché? Quelles sont les conséquences du péché pour l’être humain ? L’homme peut-il, de ses seules forces, sortir du péché ? Pourquoi pèche-t-on toujours après le baptême ? Comment éviter le péché ?
Gravure anonyme du XIVème siècle : Adam et Ève chassés du Paradis.
Gravure anonyme du XIVème siècle : Adam et Ève chassés du Paradis.


1. Qu’est-ce que le péché originel ? Quand cela est-il arrivé ?

L’Écriture montre les conséquences dramatiques de cette première désobéissance. Adam et Eve perdent immédiatement la grâce de la sainteté originelle (cf. Rm 3, 23). Ils ont peur de ce Dieu (cf. Gn 3, 9-10) dont ils ont conçu une fausse image, celle d’un Dieu jaloux de ses prérogatives (cf. Gn 3, 5).

Catéchisme de l’Église catholique, 399

L’harmonie dans laquelle ils étaient, établie grâce à la justice originelle, est détruite ; la maîtrise des facultés spirituelles de l’âme sur le corps est brisée (cf. Gn 3, 7) ; l’union de l’homme et de la femme est soumise à des tensions (cf. Gn 3, 11-13) ; leurs rapports seront marqués par la convoitise et la domination (cf. Gn 3, 16). L’harmonie avec la création est rompue : la création visible est devenue pour l’homme étrangère et hostile (cf. Gn 3, 17. 19). A cause de l’homme, la création est soumise " à la servitude de la corruption " (Rm 8, 20). Enfin, la conséquence explicitement annoncée pour le cas de la désobéissance (cf. Gn 2, 17) se réalisera : l’homme " retournera à la poussière de laquelle il est formé " (Gn 3, 19). La mort fait son entrée dans l’histoire de l’humanité (cf. Rm 5, 12).

Catéchisme de l’Église catholique, 3400

Contempler ce mystère

Qu’est-ce qui empêche cette humilité, cette bonne divinisation ? L’orgueil. Voilà le péché capital qui conduit à la mauvaise divinisation. L’orgueil nous pousse à suivre, peut-être sur des points très insignifiants, ce que Satan a insinué à nos premiers parents : vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal. Nous lisons également dans l’Écriture que le principe de l’orgueil, c’est d’abandonner le Seigneur. Parce que ce vice, une fois enraciné, influe sur toute l’existence de l’homme, jusqu’à se transformer en ce que saint Jean appelle la superbia vitæ, l’orgueil de la vie.
Orgueil ? De quoi ? L’Écriture Sainte a des accents à la fois tragiques et comiques pour stigmatiser l’orgueil : de quoi t’enorgueillis-tu, poussière et cendre ? Pendant ta vie déjà, tu vomis tes entrailles. Une maladie légère : le médecin sourit. L’homme qui est aujourd’hui roi, demain sera mort.

Amis de Dieu 99

La voie de l’humilité mène partout…, et essentiellement au Ciel.

Sillon, 282

2. Pourquoi le péché existe-t-il ?
" L’arbre de la connaissance du bien et du mal " (Gn 2, 17) évoque symboliquement la limite infranchissable que l’homme, en tant que créature, doit librement reconnaître et respecter avec confiance.

Dieu a créé l’homme à son image et l’a constitué dans son amitié. Créature spirituelle, l’homme ne peut vivre cette amitié que sur le mode de la libre soumission à Dieu. C’est ce qu’exprime la défense faite à l’homme de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, " car du jour où tu en mangeras, tu mourras " (Gn 2, 17). " L’arbre de la connaissance du bien et du mal " (Gn 2, 17) évoque symboliquement la limite infranchissable que l’homme, en tant que créature, doit librement reconnaître et respecter avec confiance. L’homme dépend du Créateur, il est soumis aux lois de la création et aux normes morales qui règlent l’usage de la liberté

Catéchisme de l’Église catholique, 396

L’arbre de la connaissance du bien et du mal évoque symboliquement la limite infranchissable que l’homme, en tant que créature, doit librement reconnaître et accepter en toute confiance.
L’homme, tenté par le diable, a laissé mourir dans son cœur la confiance envers son créateur (cf. Gn 3, 1-11) et, en abusant de sa liberté, a désobéi au commandement de Dieu. C’est en cela qu’a consisté le premier péché de l’homme (cf. Rm 5, 19). Tout péché, par la suite, sera une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté

Catéchisme de l’Église catholique, 397

Contempler le mystère

Nous nous lions par amour de la liberté. Seul l’orgueil donne à ces liens le poids d’une chaîne. La vraie humilité que nous enseigne Celui qui est doux et humble de cœur nous montre que son joug est doux et son fardeau léger31 : le joug c’est la liberté, le joug c’est l’amour, le joug c’est l’unité, le joug c’est la vie qu’il nous a gagnée sur la Croix.

Amis de Dieu, 31

Notre Sainte Mère l’Église s’est toujours prononcée pour la liberté et a rejeté tous les fatalismes, anciens et moins anciens. Elle a souligné que chaque âme est maîtresse de son destin, pour le bien ou pour le mal : et ceux qui ne se sont pas écartés du bien iront à la vie éternelle ; et ceux qui ont commis le mal au feu éternel. Nous sommes toujours impressionnés de découvrir en nous tous, en toi et en moi, cette terrible capacité, bien qu’elle soit en même temps le signe de notre noblesse. Il est tellement vrai que le péché est un mal voulu qu’il ne serait nullement péché s’il n’avait son principe dans la volonté : cette affirmation revêt une telle évidence qu’elle fait l’unanimité du petit nombre de sages et du grand nombre d’ignorants qui habitent le monde.
J’élève de nouveau mon cœur en action de grâces vers mon Dieu, mon Seigneur, car rien ne l’empêchait de nous créer impeccables, doués d’un élan irrésistible vers le bien, mais il a jugé que ses serviteurs seraient meilleurs s’ils le servaient librement.

Amis de Dieu, 33

Au commencement Dieu a créé l’homme, et il l’a confié à son libre arbitre (Si 15, 14). Il n’en serait pas ainsi s’il n’avait pas de libre choix. Nous sommes responsables devant Dieu de toutes les actions que nous accomplissons librement. Ici, il n’y a pas de place pour l’anonymat. L’homme se trouve face à son Seigneur, et il est en son pouvoir de se résoudre à vivre comme son ami ou comme son ennemi. Ainsi commence le cheminement de la lutte intérieure, qui est l’affaire de toute la vie, car tant que dure le passage sur la terre, nul n’atteint la plénitude de sa liberté.

Amis de Dieu, 36

3. Le péché originel est-il une condamnation ? Quelles conséquences a-t-il dans le monde ?

S. Paul l’affirme : " Par la désobéissance d’un seul homme, la multitude (c’est-à-dire tous les hommes) a été constituée pécheresse " (Rm 5, 19) : " De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché... " (Rm 5, 12). A l’universalité du péché et de la mort l’apôtre oppose l’universalité du salut dans le Christ : " Comme la faute d’un seul a entraîné sur tous les hommes une condamnation, de même l’œuvre de justice d’un seul (celle du Christ) procure à tous une justification qui donne la vie " (Rm 5, 18)

Catéchisme de l’Église catholique, 402

A la suite de S. Paul l’Église a toujours enseigné que l’immense misère qui opprime les hommes et leur inclination au mal et à la mort ne sont pas compréhensibles sans leur lien avec le péché d’Adam et le fait qu’il nous a transmis un péché dont nous naissons tous affectés et qui est " mort de l’âme " (cf. Cc. Trente : DS 1512). En raison de cette certitude de foi, l’Église donne le Baptême pour la rémission des péchés même aux petits enfants qui n’ont pas commis de péché personnel (cf. Cc. Trente : DS 1514)

Catéchisme de l’Église catholique, 403


Contempler ce mystère

Le monde est bon; c’est le pêche d’Adam qui a brisé la divine harmonie de la création. Mais Dieu le Père a envoyé son Fils unique pour rétablir la paix, afin que nous, devenus ses enfants d’adoption, nous puissions libérer la création du désordre et réconcilier toutes choses avec Dieu.

Quand le Christ passe, 112

Nous atteignons la vérité, la félicité et la liberté lorsque nous nous efforçons de faire germer en nous cette semence de vie éternelle.
Elle l’a racheté du péché du péché d’Adam, qui est retombé sur toute sa descendance, et des péchés personnels de chacun — et Elle désire vivement demeurer dans notre âme: celui qui m’aime observera ma doctrine et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure .

Quand le Christ passe, 84

Quelle grandeur il y a dans l’amour et la miséricorde de notre Père ! Face à la réalité de ses folies divines pour ses enfants, j’aimerais avoir mille bouches, mille cœurs, et plus encore, afin de vivre dans une continuelle louange de Dieu le Père, de Dieu le Fils, de Dieu le Saint Esprit. Songez que le Tout Puissant, Celui qui, par sa Providence, gouverne l’Univers, ne veut pas de serviteurs contraints et forcés, mais qu’il préfère avoir des enfants libres. Bien que nous naissions proni ad peccatum, enclins au péché par la chute du premier couple, il a mis dans l’âme de chacun de nous une étincelle de son intelligence infinie, l’attrait du bien, une soif de paix sans fin. Et il nous amène à comprendre que nous atteignons la vérité, la félicité et la liberté lorsque nous nous efforçons de faire germer en nous cette semence de vie éternelle.

Amis de Dieu, 33

4. Pourquoi sommes-nous tous concernés par le péché d’Adam ?

Comment le péché d’Adam est-il devenu le péché de tous ses descendants ? Tout le genre humain est en Adam " comme l’unique corps d’un homme unique " (S. Thomas d’A., mal. 4, 1) Par cette " unité du genre humain " tous les hommes sont impliqués dans le péché d’Adam, comme tous sont impliqués dans la justice du Christ. Cependant, la transmission du péché originel est un mystère que nous ne pouvons pas comprendre pleinement. Mais nous savons par la Révélation qu’Adam avait reçu la sainteté et la justice originelles non pas pour lui seul, mais pour toute la nature humaine : en cédant au tentateur, Adam et Eve commettent un péché personnel, mais ce péché affecte la nature humaine qu’ils vont transmettre dans un état déchu (cf. Cc. Trente : DS 1511-1512). C’est un péché qui sera transmis par propagation à toute l’humanité, c’est-à-dire par la transmission d’une nature humaine privée de la sainteté et de la justice originelles. Et c’est pourquoi le péché originel est appelé " péché " de façon analogique : c’est un péché " contracté " et non pas " commis ", un état et non pas un acte.

Catéchisme de l’Église catholique, 404

Contempler le mystère

Nous ne devons pas nous en étonner. Nous traînons à l’intérieur de nous-mêmes, comme une conséquence de notre nature déchue, un principe d’opposition, de résistance à la grâce : ce sont les blessures du péché originel, que nos péchés personnels viennent raviver. Nous devons donc entreprendre ces ascensions, ces tâches divines et humaines (celles de tous les jours), qui débouchent toujours sur l’Amour de Dieu, avec humilité, d’un cœur contrit, confiants dans l’assistance divine, et en y consacrant nos meilleurs efforts, comme si tout ne dépendait que de nous-mêmes.

Amis de Dieu, 214

Le Dieu de notre foi n’est pas un être lointain, qui contemple avec indifférence le sort des hommes: leurs aspirations, leurs luttes, leurs angoisses. C’est un Père qui aime ses enfants au point d’envoyer le Verbe, Seconde Personne de la Très Sainte Trinité, pour que, en s’incarnant, Il meure pour nous et nous rachète. C’est ce même Père aimant qui nous attire maintenant doucement vers Lui, par l’action du Saint-Esprit qui habite en nos cœurs.

Quand le Christ passe, 84

5. Comment le péché est-il effacé ?

" Au moment où nous faisons notre première profession de Foi, en recevant le saint Baptême qui nous purifie, le pardon que nous recevons est si plein et si entier, qu’il ne nous reste absolument rien à effacer, soit de la faute originelle, soit des fautes commises par notre volonté propre, ni aucune peine à subir pour les expier (...). Mais néanmoins la grâce du Baptême ne délivre personne de toutes les infirmités de la nature. Au contraire nous avons encore à combattre les mouvements de la concupiscence qui ne cessent de nous porter au mal " (Catech. R. 1, 11, 3).

Catéchisme de l’Église catholique, 978

Contempler ce mystère

L’Église nous sanctifie dès qu’elle nous accueille par le Baptême. Dès que nous sommes nés à la vie naturelle nous pouvons bénéficier de la grâce sanctifiante. La foi d’un seul, bien plus encore, la foi de toute l’Église, profite à l’enfant par l’action du Saint-Esprit qui fait l’unité de l’Église et communique les biens de l’un à l’autre (SAINT THOMAS, S. Th. III, q.68, a.9 ad 2). La maternité surnaturelle que l’Esprit Saint accorde à l’Église est une merveille. La régénération spirituelle œuvrée par le Baptême est en quelque sorte semblable à la naissance corporelle : de même que les enfants dans le sein de leur mère ne se nourrissent pas par eux-mêmes mais sont alimentés par la mère, de même, les tout-petits, qui n’ont pas l’usage de la raison et sont comme des enfants dans le sein de leur Mère l’Église, ne reçoivent pas le salut par eux-mêmes mais par l’action de l’Église (SAINT THOMAS, S. Th. III, q.68, a.9 ad 1).

Aimer l’Église 31

Reproduction du Retour de l’enfant prodigue de Rembrandt.
Reproduction du Retour de l’enfant prodigue de Rembrandt.
J’aimerais maintenant que nous considérions la source de grâce divine que sont les Sacrements, cette merveilleuse manifestation de la miséricorde de Dieu : ce sont des signes sensibles qui causent la grâce tout en la déclarant et en la mettant sous nos yeux. Dieu Notre Seigneur est infini; son amour est inépuisable, sa clémence et sa pitié à notre égard n’ont pas de limites. Il bien qu’il nous accorde sa grâce de bien d’autres manières, Il a institué, expressément et librement — Lui seul pouvait le faire —, ces sept signes efficaces pour que, de façon stable, simple et à la portée de tous, nous puissions participer aux mérites de la Rédemption.

Quand le Christ passe, 78

6. Pourquoi pèche-t-on encore après le Baptême ?

A la suite de S. Paul l’Église a toujours enseigné que l’immense misère qui opprime les hommes et leur inclination au mal et à la mort ne sont pas compréhensibles sans leur lien avec le péché d’Adam et le fait qu’il nous a transmis un péché dont nous naissons tous affectés et qui est " mort de l’âme " (cf. Cc. Trente : DS 1512). En raison de cette certitude de foi, l’Église donne le Baptême pour la rémission des péchés même aux petits enfants qui n’ont pas commis de péché personnel (cf. Cc. Trente : DS 1514).

Catéchisme de l’Église catholique, 403

Quoique propre à chacun (cf. Cc. Trente : DS 1513), le péché originel n’a, en aucun descendant d’Adam, un caractère de faute personnelle. C’est la privation de la sainteté et de la justice originelles, mais la nature humaine n’est pas totalement corrompue : elle est blessée dans ses propres forces naturelles, soumise à l’ignorance, à la souffrance et à l’empire de la mort, et inclinée au péché (cette inclination au mal est appelée " concupiscence "). Le Baptême, en donnant la vie de la grâce du Christ, efface le péché originel et retourne l’homme vers Dieu, mais les conséquences pour la nature, affaiblie et inclinée au mal, persistent dans l’homme et l’appellent au combat spirituel.

Catéchisme de l’Église catholique, 405

Contempler ce mystère

Tant que tu luttes, d’une lutte qui durera jusqu’à ta mort, n’exclue pas de voir se dresser avec violence les ennemis du dehors et du dedans. Et de plus, comme si ce fardeau ne suffisait pas, à certains moments tes erreurs passées, abondantes peut-être, vont se presser dans ton esprit. Au nom de Dieu, je te le dis : ne désespère pas. Quand tu te trouveras dans cette situation, qui n’arrivera pas forcément, ni habituellement, profites en pour t’unir davantage au Seigneur, car Lui qui a fait de toi son fils, ne t’abandonnera pas. Il permet cette épreuve pour que tu aimes davantage et pour que tu découvres avec plus de clarté sa protection continuelle, son Amour.

Amis de Dieu, 214

Lui ne t’abandonnera pas, qui a fait de toi son fils

Le monde, le démon et la chair sont des aventuriers ; spéculant sur la faiblesse du sauvage qui est en toi, ils veulent qu’en échange de la verroterie d’un plaisir — qui ne vaut rien — tu leur remettes l’or fin, les perles, les brillants et les rubis trempés dans le sang vivant et rédempteur de ton Dieu, qui sont le prix et le trésor de ton éternité.
Chemin, 708

Que le diable semble peu intelligent ! me disais-tu. Je ne comprends pas sa stupidité : toujours les mêmes leurres, les mêmes embrouilles.
— Tu as parfaitement raison. Mais les hommes, nous sommes moins intelligents, et nous n’apprenons pas à tirer profit de l’expérience d’autrui… Or Satan compte sur tout cela pour nous tenter

Sillon, 150

7. Dieu aime-t-il toujours l’homme malgré son péché ?

Après sa chute, l’homme n’a pas été abandonné par Dieu. Au contraire, Dieu l’appelle (cf. Gn 3, 9) et lui annonce de façon mystérieuse la victoire sur le mal et le relèvement de sa chute (cf. Gn 3, 15). Ce passage de la Genèse a été appelé " Protévangile ", étant la première annonce du Messie rédempteur, celle d’un combat entre le serpent et la Femme et de la victoire finale d’un descendant de celle-ci.

Catéchisme de l’Église catholique, 410

Contempler le mystère

Mais Dieu est amour. L’abîme de malice que le péché comporte a été franchi par une Charité infinie. Dieu n’abandonne pas les hommes. Les desseins divins prévoient que, pour réparer nos fautes, pour rétablir l’unité perdue, les sacrifices de l’Ancienne Loi ne suffisaient pas: il fallait le don de soi d’un homme qui fût Dieu. Nous pouvons imaginer — pour nous approcher d’une certaine manière de ce mystère insondable — que la Très Sainte Trinité se réunit en conseil, dans sa continuelle et intime relation d’amour et que le résultat, en quelque sorte, de cette décision éternelle, est que le Fils unique de Dieu le Père assume notre condition humaine, prend sur Lui nos misères et nos douleurs pour finir attaché au bois par des clous.

Quand le Christ passe,95

Détail de l’enfant prodigue accueilli par son père. Tableau de Rembrandt
Détail de l’enfant prodigue accueilli par son père. Tableau de Rembrandt


8. Que veut-on dire lorsqu’on affirme que Jésus-Christ a vaincu le péché ?

La tradition chrétienne voit dans ce passage une annonce du " nouvel Adam " (cf. 1 Co 15, 21-22. 45) qui, par son " obéissance jusqu’à la mort de la Croix " (Ph 2, 8) répare en surabondance la désobéissance d’Adam (cf. Rm 5, 19-20). Par ailleurs, de nombreux Pères et docteurs de l’Église voient dans la femme annoncée dans le " protévangile " la mère du Christ, Marie, comme " nouvelle Eve ". Elle a été celle qui, la première et d’une manière unique, a bénéficié de la victoire sur le péché remportée par le Christ : elle a été préservée de toute souillure du péché originel (cf. Pie IX : DS 2803) et durant toute sa vie terrestre, par une grâce spéciale de Dieu, elle n’a commis aucune sorte de péché (cf. Cc. Trente : DS 1573).

Catéchisme de l’Église catholique, 411

Libération et salut. Par sa Croix glorieuse, le Christ a obtenu le salut de tous les hommes. Il les a rachetés du péché qui les détenait en esclavage. " C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés " (Ga 5, 1). En Lui, nous communions à " la vérité qui nous rend libres " (Jn 8, 32). L’Esprit Saint nous a été donné et, comme l’enseigne l’Apôtre, " là où est l’Esprit, là est la liberté " (2 Co 3, 17). Dès maintenant, nous nous glorifions de la " liberté des enfants de Dieu " (Rm 8, 21).

Catéchisme de l’Église catholique, 1741

Contempler ce mystère

Le don généreux du Christ affronte le pêche, cette réalité aussi dure à accepter qu’indéniable: le mysterium iniquitatis, l’inexplicable méchanceté de la créature qui se dresse, par orgueil, contre Dieu. L’histoire est aussi vieille que l’humanité. Souvenons-nous de la chute de nos premiers parents; et ensuite de toute cette chaîne de dépravations qui jalonnent le cheminement des hommes et, finalement, de nos rébellions personnelles. Il n’est pas facile de mesurer la perversion que suppose le pêche, et de comprendre tout ce que nous dit la foi. Nous devons nous rendre compte, même sur le plan humain, que l’ampleur de l’offense est proportionnelle à la condition de l’offensé, à sa valeur personnelle, à sa dignité sociale, à ses qualités. Or l’homme offense Dieu: la créature renie son Créateur.

Autre détail du tableau de l’enfant prodigue : le retour chez son père du fils repenti.
Autre détail du tableau de l’enfant prodigue : le retour chez son père du fils repenti.
Quand le Christ passe,95

Pour sauver l'homme, Seigneur, tu meurs sur la Croix; et pourtant, pour un seul péché mortel, tu condamnes l'homme à une éternité pleine de malheurs et de tourments... Comme le péché T'offense! Combien je dois le détester!

Forge, 1002

9. L’homme peut-il de ses seules forces sortir du péché ?

Le Baptême confère à celui qui le reçoit la grâce de la purification de tous les péchés. Mais le baptisé doit continuer à lutter contre la concupiscence de la chair et les convoitises désordonnées. Avec la grâce de Dieu, il y parvient

Catéchisme de l’Église catholique, 2520

Contempler ce mystère

L’expérience de notre faiblesse et de nos erreurs, le résultat peu édifiant que peut produire le spectacle douloureux de la petitesse et même de la mesquinerie de ceux qui s’appellent chrétiens, l’échec apparent ou la déviation de certaines entreprises apostoliques, tout cela, résultat du péché et de la limitation humaine, peut constituer une épreuve humaine, peut constituer une épreuve pour notre foi et infiltrer en nous la tentation et le doute: où sont la force et la puissance de Dieu ? C’est le moment de réagir, de vivre notre espérance avec davantage de pureté et d’énergie et, par conséquent, de faire en sorte que notre fidélité soit plus forte.

Quand le Christ passe, 128

Saint Pierre écrit : Par Jésus-Christ, Dieu nous a fait don des précieuses et magnifiques promesses afin que grâce à elles vous deveniez participants de la nature divine (2 P 1, 4).
Cette divinisation qui s’opère en nous ne signifie pas que nous cessions d’être humains... Hommes, nous le sommes, mais des hommes qui ont horreur du péché grave. Des hommes qui abominent les fautes vénielles et qui, faisant chaque jour l’expérience de leur propre faiblesse, découvrent également la force de Dieu.
Ainsi, rien ne pourra nous arrêter : ni le respect humain, ni les passions, ni cette chair qui se révolte — parce que nous sommes moins que rien — ni l’orgueil, ni... la solitude.
Un chrétien n’est jamais seul. Si tu te sens abandonné, c’est parce que tu ne veux pas regarder ce Christ qui passe si près de toi... avec la Croix, peut-être.

Chemin de Croix, 6.3

10. Lorsque je l’ai offensé, Dieu, comment me pardonne-t-il ?

En ce combat avec l’inclination au mal, qui serait assez vaillant et vigilant pour éviter toute blessure du péché ? " Si donc il était nécessaire que l’Église eût le pouvoir de remettre les péchés, il fallait aussi que le Baptême ne fût pas pour elle l’unique moyen de se servir de ces clefs du Royaume des cieux qu’elle avait reçues de Jésus-Christ ; il fallait qu’elle fût capable de pardonner leurs fautes à tous les pénitents, quand même ils auraient péché jusqu’au dernier moment de leur vie " (Catech. R. 1, 11, 4).

Catéchisme de l’Église catholique, 979

C’est par le sacrement de Pénitence que le baptisé peut être réconcilié avec Dieu et avec l’Église : les Pères ont eu raison d’appeler la pénitence " un baptême laborieux " (S. Grégoire de Naz., or. 39, 17 : PG 36, 356A). Ce sacrement de Pénitence est, pour ceux qui sont tombés après le Baptême, nécessaire au salut, comme l’est le Baptême lui-même pour ceux qui ne sont pas encore régénérés (Cc. Trente : DS 1672).

Catéchisme de l’Église catholique, 980

Contempler le mystère

N’oublie pas, mon fils, que pour toi, sur terre, il n’est qu’un mal à craindre et à éviter par la grâce divine : le péché.

Chemin, 386

Tu retombes dans tes vieilles folies !… Et ensuite, quand tu en reviens, tu as du mal à récupérer la joie car tu manques d’humilité.
On dirait que tu t’obstines à méconnaître la deuxième partie de la parabole de l’Enfant prodigue et que tu tiens encore au petit bonheur de son repas de caroubes. Orgueilleusement blessé par ta fragilité, tu ne te décides pas à demander pardon et tu ne considères pas que, si tu t’humilies, c’est l’accueil réjouissant de Dieu ton père qui t’attend, la fête pour ton retour et pour ton recommencement.

Sillon, 65

11. Comment éviter le péché ?

L’Esprit Saint nous fait discerner entre l’épreuve, nécessaire à la croissance de l’homme intérieur (cf. Lc 8, 13-15 ; Ac 14, 22 ; 2 Tm 3, 12) en vue d’une " vertu éprouvée " (Rm 5, 3-5), et la tentation, qui conduit au péché et à la mort (cf. Jc 1, 14-15). Nous devons aussi discerner entre " être tenté " et " consentir " à la tentation. Enfin, le discernement démasque le mensonge de la tentation : apparemment, son objet est " bon, séduisant à voir, désirable " (Gn 3, 6), alors que, en réalité, son fruit est la mort.

Catechisme de l’Église catholique, 2847

" Ne pas entrer dans la tentation " implique une décision du cœur : " Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ... Nul ne peut servir deux maîtres " (Mt 6, 21. 24). " Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir " (Ga 5, 25). Dans ce " consentement " à l’Esprit Saint le Père nous donne la force. " Aucune tentation ne vous est survenue, qui passât la mesure humaine. Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter " (1 Co 10, 13)

Catechisme de l’Église catholique, 2848

Contempler ce mystère

Efforçons-nous pour que, pour notre part, il n’y ait pas le moindre soupçon de duplicité. Et pour déraciner ce mal, durement condamné par le Seigneur, nous devons tâcher d’agir avec une disposition nette, habituelle et actuelle, d’aversion pour le péché. Fermement et sincèrement, il doit y avoir dans notre cœur et notre tête l’horreur du péché grave ainsi que l’attitude profondément enracinée de détester le péché véniel délibéré, ces capitulations qui ne nous privent pas de la grâce divine mais qui affaiblissent les conduits qui nous la font parvenir.

Amis de Dieu, 243