Saint Josémaria
Textes de saint Josémaria

Dieu et la famille

Mots: Compréhension, Éducation, Famille et profession, Générosité, Enfants, Liberté, Mariage
Les époux sont appelés à sanctifier leur mariage et à se sanctifier dans cette union. Aussi feraient-ils une grave erreur s’ils construisaient leur vie spirituelle en marge de leur foyer, ou en lui tournant le dos.
La vie familiale, les relations conjugales, le soin et l’éducation des enfants, l’effort pour faire aller la famille de l’avant, pour la raffermir et l’améliorer, les rapports avec tous les membres de la communauté sociale, sont des circonstances humaines courantes que les époux chrétiens sont tenus de surnaturaliser.
Quand le Christ passe, 23

Trouver son bonheur chez soi
Ceci dit, ils n’oublieront pas que le secret du bonheur conjugal est dans le quotidien, et non dans les rêves, qu’il s’agit de trouver la joie cachée du retour au foyer, des rapports affectueux avec les enfants, du travail de tous les jours, où toute la famille s’investit, de faire face aux difficultés dans la bonne humeur et avec un esprit sportif ; de mettre à profit les avancées techniques de notre civilisation pour que la maison soit accueillante, la vie, simplifiée, la formation, plus efficace.
Entretiens, 91

Vivre-ensemble
Cultive ton esprit de mortification dans les détails de charité, cherchant à rendre aimable à tous le chemin de la sainteté au cœur du monde : un sourire peut être parfois la meilleure preuve de notre esprit de pénitence.
Forge, 149

Sois tous les jours et généreusement, prêt à te déranger, de bon gré et discrètement, pour être utile aux autres et leur rendre la vie agréable.
Cette façon de faire est la vraie charité du Christ.
Forge, 150

Fais en sorte que là où tu te trouves il y ait cette « bonne humeur, cette joie, qui est le fruit de la vie intérieure.Forja, 151
Veille à pratiquer une mortification très intéressante : évite que tes conversations ne tournent autour de toi.
Forge, 152

Liberté et responsabilité
Les parents peuvent et doivent prêter une aide précieuse à leurs enfants: leur découvrir de nouveaux horizons, leur communiquer leur expérience, les faire réfléchir afin qu'ils ne se laissent pas aller à des états d’âme passagers, leur présenter un tableau réaliste des choses. Parfois ils leur prêteront cette aide sous forme de conseil personnel ; ou bien, ils les encourageront à consulter des personnes compétentes : un ami sincère et loyal, un prêtre sage et pieux, un expert en orientation professionnelle.
Ceci étant, leur conseil ne restreint en rien leur liberté puisqu’il leur procure des éléments pour juger qui élargissent l’éventail d’un choix qui ne sera plus déterminé par des facteurs irrationnels. Après avoir entendu l’avis des autres et tout bien pesé, le moment vient où il faut choisir ; et alors personne n'a le droit de forcer la liberté. Les parents doivent résister à la tentation de se projeter indûment eux-mêmes chez leurs enfants — de les façonner à leur goût—, car ils sont tenus de respecter les penchants et les aptitudes que Dieu leur a donnés. Si leur amour est vrai, c’est normalement facile. Et si, à la limite, leur enfant fait un choix, erroné de leur juste point de vue, et probablement à l’origine de son éventuel malheur, ils ne gagnent rien à être violents, mais à comprendre et, plus d’une fois, à demeurer près de lui pour l’aider à surmonter les difficultés et si nécessaire, à tirer de ce mal tout le bien possible.
Entretiens, 104

Amis de vos enfants
Les parents sont les principaux éducateurs de leurs enfants, aussi bien humainement que surnaturellement parlant. Ils doivent éprouver la responsabilité de cette mission, qui requiert leur compréhension et leur prudence, qui leur demande de savoir enseigner, et surtout de savoir aimer, et de s’attacher à donner le bon exemple.
L’imposition autoritaire et violente n’est pas le bon moyen d’éduquer. L’idéal des parents est plutôt d’arriver à être les amis de leurs enfants; des amis auxquels on confie ses soucis, avec lesquels on parle de ses problèmes, dont on attend un secours efficace et aimable.
Quand le Christ passe, 27

Enfants et vie familiale
Le mariage — je ne me lasserai jamais de le répéter — est un chemin divin, grand et merveilleux, et, comme tout ce qui est divin chez nous, il a des manifestations concrètes de réponse à la grâce, de générosité, de don de soi, de service. L'égoïsme, sous toutes ses formes, s'oppose à cet amour de Dieu qui doit régner dans notre vie.
Ceci est essentiel à considérer concernant le mariage et le nombre d’enfants.
Entretiens, 93

Droiture de la vie conjugale
Le nombre d'enfants n'est pas à lui seul décisif : avoir beaucoup ou peu d'enfants ne suffit pas pour qu'une famille soit plus ou moins chrétienne. L'important, c'est la droiture avec laquelle on vit la vie conjugale.
Entretiens, 94

Sens de l’éducation
En faisant l’éloge de la famille nombreuse, je ne parle pas de celle qui découle de rapports purement physiologiques, mais de celle issue de l'exercice des vertus chrétiennes, de celle qui se fait une haute idée de la dignité de la personne, de celle qui sait que donner des enfants à Dieu ne consiste pas seulement à les engendrer à la vie naturelle, mais demande aussi toute une longue tâche d'éducation : leur donner la vie est le premier pas, mais ce n'est pas tout.
Entretiens, 94

Choc des générations
C’est un vieux problème qui peut toutefois se poser aujourd'hui plus fréquemment ou avec plus d’acuité, à cause de la rapidité avec laquelle évolue la société actuelle. Il est logique et tout à fait normal que les jeunes et leurs aînés voient les choses d'une manière différente ; il en a toujours été ainsi. Il serait étonnant qu’un adolescent pense comme quelqu’un de mature. Nous avons tous éprouvé des mouvements de révolte envers nos aînés, lorsque nous commencions à nous former un jugement autonome ; et nous avons tous compris, au fil des ans, que nos parents avaient raison en bien des points qui étaient le fruit de leur expérience et de leur amour.
Aussi revient-il d’abord aux parents, qui sont déjà passés par là, de cultiver la bonne entente, avec souplesse et d’un esprit jovial, et d’éviter, d’un amour intelligent, ces conflits éventuels.
Entretiens, 100

Confiance
Normalement, la confiance est souvent la clé : aux parents d’apprendre à élever leurs enfants dans un climat familier, à ne jamais leur donner l’impression qu’ils se méfient, à leur accorder la liberté et à leur apprendre à la gérer avec une responsabilité personnelle. Ils ont intérêt à se laisser duper quelque fois : la confiance accordée aux enfants fait qu’ils aient honte d’en avoir abusé et qu’ils se corrigent. En revanche, s’ils n’ont pas de liberté, s’ils perçoivent que l’on se méfie d’eux, ils seront poussés à toujours les tromper.
Entretiens, 100

Éduquer à la piété
Dans tous les milieux chrétiens on sait, par expérience, les bons résultats que donne cette initiation à la vie de piété, initiation naturelle et surnaturelle, faite dans la chaleur du foyer. L'enfant apprend à placer le Seigneur au niveau de ses premières affections, les affections fondamentales ; il apprend à traiter Dieu en Père et la Vierge en Mère ; il apprend à prier, en suivant l'exemple de ses parents. Lorsque l'on comprend cela, on voit la grande tâche apostolique que peuvent accomplir les parents, et combien ils sont obligés d'être sincèrement pieux, pour pouvoir transmettre — plutôt qu'enseigner — cette piété aux enfants.
Entretiens, 103

L’exemple
Que les enfants perçoivent chez leurs parents l’exemple du don de soi, de l’amour sincère, du secours mutuel, de la compréhension pour que les bisbilles de la vie quotidienne ne leur masquent pas la réalité d’un amour en mesure de tout dépasser.
Entretiens, 108

Consacrer du temps aux enfants
Écoutez vos enfants, consacrez-leur aussi votre temps, montrez-leur votre confiance, croyez-les sur mesure, même s’il leur arrive de vous tromper; que leurs révoltes ne vous effraient pas, vous avez été tout aussi rebelles à votre âge. Sortez à leur rencontre, à la moitié du chemin et priez pour eux. Si telle est votre attitude chrétienne, ils s’adresseront tout simplement à vous au lieu d’aller trouver, poussés, par leur curiosité légitime, un « copain » dévergondé ou brutal. Votre confiance, vos relations amicales avec eux, vous vaudront leur sincérité, dans la paix familiale de votre vie chrétienne, avec ses déboires et ses petites incompréhensions.
Quand le Christ passe, 29

Projection sociale
Certes, cette conversation familière ou cette confidence en tête à tête, sont plus porteuses qu’une péroraison spectaculaire, dans un lieu public, devant des milliers de personnes.
Toutefois, s’il faut pérorer, pérore.
Chemin, 846