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La joie du prêtre est un bien précieux pour tout le peuple fidèle de Dieu

11 mai 2015

Mots: Amour de Dieu, Église, Prélat de l’Opus Dei, Sacerdoce, Sacrements, Vocation, Josémaria Escrivá, membres del'Opus Dei
Remercier Dieu pour ce don du sacerdoce, source de joie : celle d'être le ministre et le dispensateur des mystères de Dieu, de façon exclusive, sans chercher à briller : telle est l'invitation que le Prélat a adressée aux nouveaux prêtres.


Homélie lors de l’ordination de prêtres de la Prélature de l’Opus Dei
Basilique Saint-Eugène, Rome, le 9 mai 2015

Mgr Xavier Echevarria, prélat de l’Opus Dei


Très chers nouveaux prêtres, chers frères, chères sœurs
1. Nous avons demandé à Dieu, à la collecte, la grâce de vivre dans un élan renouvelé ces jours de joie en l’honneur du Christ ressuscité (1)
L’ordination sacerdotale de ces diacres est une manifestation explicite de la liesse pascale dont jouit l’Église. Et comme l’exprimait le pape François il y a quelques semaines, je suis certain que cette joie qui “a touché le plus intime de notre cœur, l’a sacramentellement configuré et raffermi” (2)
La vocation au sacerdoce est un appel gratuit que Dieu adresse à quelques hommes au service de l’Église, sans regarder à leurs mérites et sans nulle autre considération
Cette réalité concerne tout chrétien puisque nous avons tous été oints au Baptême et à la Confirmation par l’Esprit Saint qui nous a configurés au Christ et nous a fait participer à son unique sacerdoce. Aujourd’hui, différemment, nos frères vont recevoir une nouvelle onction du Paraclet qui va les configurer au Christ en tant que Tête de l’Église et leur communiquer les pouvoirs pour réaliser leur ministère sacerdotal au nom du Christ et avec son autorité elle-même
Pour vous, mes fils, c’est un jour d’une joie spéciale. L’Église se réjouit aussi avec vous. “La joie du prêtre est en effet un bien précieux non seulement pour lui mais pour tout le peuple fidèle de Dieu” (3).


2. La vocation au sacerdoce est un appel gratuit que Dieu adresse à quelques hommes au service de l’Église, sans regarder à leurs mérites et sans nulle autre considération. Il s’agit de la façon d’agir de Dieu, comme nous le rappelle la première lecture de la messe. Face à l’étroitesse de cœur de ceux qui s’opposaient au baptême des premiers gentils, saint Pierre leur explique que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes mais que quelle que soit leur race, ils accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste(4).
Nous percevons aussi la grandeur de l’amour du Seigneur —tout en n’arrivant pas à saisir combien il est infini— en connaissant l’origine de ces nouveaux prêtres, issus de quatre continents et de quinze nations;
Rendons grâces au Seigneur pour sa bonté, prions pour eux et pour les prêtres du monde entier. Soyons de même conscients de ce dialogue de la Trinité avec chacun de nous à travers les circonstances les plus diverses. Je vous suggère aussi de prier pour toutes les familles du monde car, comme dans un vivier, c’est au sein des foyers chrétiens que Dieu, cultive normalement les différentes formes de vocation à la sainteté.
Le sacerdoce, vous disais-je, est un appel gratuit et d’une importance irremplaçable dans l’Église. Écoutons ainsi saint Josémaria: “beaucoup de grandes choses dépendent du prêtre: nous avons Dieu, nous apportons Dieu, nous livrons Dieu (…). Réfléchissez-y, pensez à la divinisation de notre corps lui-même, à notre langue qui rapporte Dieu, à nos mains qui le touchent, à ce pouvoir de faire des miracles lorsque nous administrons la grâce. Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas grand chose, comparées à ce que Dieu a confié au prêtre” (5)
Adressons tous les jours nos supplications à Dieu pour le Pape, les évêques, pour les prêtres et pour toute l’humanité.

3. Quant à vous, mes chers ordinands, dites-vous que désormais vous allez être des ministres et des dispensateurs des mystères de Dieu. Vous allez expliquer à tous la Parole de Dieu, dispenser la grâce par les sacrements, spécialement par l’Eucharistie et la Pénitence, vous allez conduire le peuple chrétien sur les pâturages de la vie éternelle, avec votre prière et votre bon exemple; vous allez être le soutien des âmes afin qu’elles connaissent de mieux en mieux les merveilles de la vie chrétienne;

Voici ce que le pape François disait récemment lors d’une ordination de prêtres: “Conscients d’avoir été choisis parmi les hommes et configurés au service de Dieu, exercez dans la joie et avec une charité sincère le travail sacerdotal du Christ en ne cherchant qu’à plaire à Dieu et non pas à vous-mêmes” (6)

Et j’ajoute dans ce sens ce qu’en disait notre fondateur:

Le prêtre doit être exclusivement un homme de Dieu, rejeter la pensée de vouloir être brillant dans les domaines où les autres chrétiens n’ont pas besoin de lui. Le prêtre n’est ni un psychologue, ni un sociologue, ni un anthropologue: il est un autre Christ, le Christ lui-même pour s’occuper des âmes de ses frères” (7)

4. J’aimerais vous rappeler brièvement quelques points concernant votre futur ministère. Tout d’abord, la prédication de la Parole de Dieu. Ex abundantia cordis, os loquitur, assure le Seigneur dans l’Évangile (8). Pour parler de Dieu, puisez dans l’abondance de votre cœur bien uni à son Cœur à lui. Pour ce faire, il vous faut soigner votre méditation quotidienne, approfondir les contenus de la Sainte Écriture, avec l’aide du Saint-Esprit.
Pour ce qui est du pardon des péchés à la Pénitence, tâchez toujours d’impartir l’absolution et s’il arrivait qu’un fidèle ne fût pas bien disposé, aidez-le patiemment, charitablement, avec votre esprit de sacrifice. Le Seigneur avait pitié des pécheurs et les appelait à la conversion. Aussi saint Josémaria qui tâchait d’agir avec un cœur à la mesure du cœur miséricordieux de Jésus, n’hésita pas à écrire: Quand vous accueillerez les âmes au saint sacrement de la Pénitence, pensez au passage de l’Évangile où le Seigneur répond à la question posée sur le nombre de fois où il faut pardonner: je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois sept fois. (Mt 18, 22). Pardonnez donc toujours et ce aussi au sacrement de Pénitence. Moi je n’ai jamais eu d’inconvénient à pardonner, très souvent dans une même journée, beaucoup de fautes concernant la même matière et une même personne puisque non est opus valentibus medicus, sed male habentibus (Mt 9, 12); ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Ceci dit, vous devez faire aussi le nécessaire pour que les âmes n’abusent pas de la grâce divine” (9).
L’Eucharistie! Il n’y a pas de mots pour exprimer adéquatement la merveille du sacrement eucharistique. Efforcez-vous tous les jours de dire la Sainte Messe le mieux possible. C’est au sacrifice de l’autel que tous, prêtres et laïcs, nous trouvons la grâce dont nous avons besoin pour notre sanctification personnelle et pour la sanctification des fidèles. Ne soyez pas pressés, vous dirai-je avec saint Josémaria.
Je félicite encore une fois vos parents, les membres de votre famille et vos amis, ainsi que tous ceux qui participent à cette cérémonie, tout comme ceux qui n’ont pas pu s’y rendre.
Je vous demande, à tous, de prier pour ces nouveaux prêtres. Ils comptent vraiment sur vos prières pour être de dignes ministres de Celui qui les a aimés avec prédilection et les a appelés ses amis (10).
Souvenez-vous aussi de moi dans vos prières. Adressons tous les jours nos supplications à Dieu pour le Pape, les évêques, pour les prêtres et pour toute l’humanité.
Nous confions ces intentions à l’intercession de Marie, Mère de l’Église, en ce mois de mai déjà entamé et spécialement voué à la Très Sainte Vierge.
Loué soit Jésus-Christ!

(1) Prière de la Collecte. VI dimanche de Pâques
(2) Pape François, Homélie de la Messe Chrismale du Jeudi Saint, 17 avril 2014
(3) Ibid.
(4) VI dimanche de Pâques, Première lecture (B) (Act, 10,34-35)
(5) Saint Josémaria, Lettre du 8 Août 1956, n.17
(6) Pape François, Homélie de l’ordination sacerdotale du 26 avril 2015.
(7) Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n. 79.
(8) Mt, 12, 34.
(9) Saint Josémaria Lettre du 8 août 1956, n. 30.
(10) Cf. VI dimanche de Pâques, Évangile (B) (Jn, 15, 14)