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Juan Jimenez Vargas: une personnalité sculptée

Francisco Ponz et Onésimo Díaz

Mots: Guerre civile, Opus Dei, Laïc, Père, Académie DYA, numéraire
Voici une note biographique parue dans Studia et Documenta (n. 5) sur Juan Jimenez Vargas, un des premiers fidèles de l’Opus Dei. Il fut un appui solide pour saint Josémaria surtout durant les années de persécution religieuse que connut l’Espagne.

3 décembre 1937. Juan accompagna saint Josémaria lorsqu’il franchit les Pyrénées durant la guerre civile espagnole.
3 décembre 1937. Juan accompagna saint Josémaria lorsqu’il franchit les Pyrénées durant la guerre civile espagnole.
Sans l’aspect d’un « bon garçon ».
Juan Jimenez Vargas naquit à Madrid le 24 avril 1913. Ses parents l’élevèrent chrétiennement dans la foi de l’Eglise. Il aimait traîner dans son quartier de San Bernardo et il connaissait très bien le vieux Madrid. Indépendant, jaloux de sa liberté, tout en appréciant l’affection dont ses parents l’entouraient, il n’aimait pas être étouffé par leurs conseils ni leur donner des explications superflues sur ce qu’il faisait.
Il était pratiquant et cultivait sa vie de piété, tout en rejetant ce qu’il qualifiait de piétisme, une piété douçâtre ou protocolaire, il n’aimait pas qu’on le prenne pour un brave garçon. Il fit des études secondaires très correctes à l’Instituto San Isidro, lycée très côté, proche du domicile familial.
Après son baccalauréat, il commença ses études de médecine en 1929. La faculté était alors rue Atocha, dans l’édifice San Carlos, près de l’hôpital clinique. C’est là qu’il rencontre Santiago Ramón y Cajal –Prix nobel, professeur émérite, et qu’il eut comme professeur Carlos Jiménez Díaz, grand ponte de la médecine, professeur de Pathologie médicale. Il était un étudiant assidu mais qui savait faire la part entre les cours qui vous apportent quelque chose et ceux qui sont moins intéressants. Ces années d’étudiant coïncidèrent avec une période de grande instabilité politique en Espagne : la fin de la dictature de Primo de Rivera (1930), la crise de la monarchie d’Alphonse XIII et l’instauration de la Seconde République en 1931 avec les rafales antireligieuses.

En périodes de révoltes
La faculté de Médecine de Madrid fut à cette période un foyer de révolte des étudiants, avec des bagarres entre les groupes aux idées différentes et d’affrontement avec la police. Cette activité politique toucha aussi bien les étudiants que les professeurs. Jimenez Vargas n’était pas impassible devant tout cela surtout devant les attaques à l’Église et il contacta des groupes universitaires à la pensée chrétienne, la confédération des étudiants catholiques, l’association des étudiants traditionalistes (AET) et d’autres. Il fit ainsi partie de l’AET et participa à quelques réunions. Lorsque l’agitation anticléricale sévissait, il allait monter la garde, avec d’autres camarades, la nuit dans des églises risquant d’être assaillies, saccagées.

Un béret rouge
Le 9 février 1934, Matias Montero, étudiant de médecine et cofondateur du SEU (syndicat espagnol universitaire) d’inspiration phalangiste, fut assassiné. Jimenez Vargas assista à son enterrement avec d’autres amis, coiffés du béret rouge que portaient les étudiants traditionalistes de l’AET. Au début de 1932, en sa troisième année de médecine, Adolfo Gomez Ruiz, ami de la faculté, lui parla avec admiration d’un jeune prêtre, Josémaria Escriva de Balaguer qu’il qualifiait d’exceptionnel et qui avait une influence très positive sur sa vie spirituelle et sur celle d’autres amis.

Don Josémaria aimerait te rencontrer
Un jour, Adolfo avait rendez-vous avec don Josémaria et Juan Jimenez Vargas l’accompagna. Il put ainsi le rencontrer chez lui. Quelques mois après, l’été, Gómez Ruiz fut arrêté et déporté en septembre à Villa Cisneros, dans le Sahara occidental, parce qu’il s’était investi dans le coup d’état militaire du général Sanjurjo, le 10 août 1932, contre le gouvernement de la République. Aussi, la relation avec Jimenez Vargas fut-elle interrompue. Ceci dit, quelqu’un d’autre lui apprit que Josémaria Escriva de Balaguer souhaitait le rencontrer et peu avant Noël, il lui rendit visite.

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